International
12 mai 2008
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"Je suis toujours à Omdurman. Je ne suis pas en sécurité, mais je suis avec tous mes hommes", a déclaré le chef du Mouvement pour la Justice et l'égalité (JEM) dans un entretien téléphonique avec l'agence Associated Press.
Le régime du président Omar el-Béchir affirme avoir repoussé l'assaut sans précédent lancé samedi contre Omdurman, ville-jumelle de Khartoum sur l'autre rive du Nil, et y traquer les derniers combattants rebelles.
La tête d'Ibrahim a été mise à prix, avec un récompense de 125 millions de dollars (81 millions d'euros) pour toute information pouvant mener à sa capture.
"Si nous quittons Khartoum et Omdurman, cela ne veut pas dire que c'est fini", a déclaré le chef rebelle, affirmant que des renforts étaient en route pour soit poursuivre l'assaut, soit aider les combattants retranchés sur place à se replier.
"Le gouvernement ne fait pas le poids face au JEM, nous sommes partout, et nous bougeons vite. Il s'épuisera. Nous pouvons venir du nord, du sud, de l'ouest et de l'est librement", a-t-il ajouté.
Les forces légères du JEM, en jeep et pick-ups ont en effet traversé à grande vitesse les immensités arides de l'ouest et du centre, séparant leurs bases au Darfour de Khartoum, en passant par la province du Kordofan où elles se sont également implantées, s'en prenant aux installations pétrolières, pour un assaut éclair sur la capitale. Jamais la rébellion ne s'était approchée autant de la capitale.
Ibrahim, vétéran de la politique soudanaise, fut proche du régime dans les années 90 et a même été ministre d'Etat. Devenu l'une des principales figures de la rébellion darfourie, il bénéficie de solides loyautés tribales au Darfour ainsi qu'au Tchad -il est de l'ethnie du président tchadien. Islamiste, il peut aussi compter sur le soutien de membres de cette mouvance.
"Ils ne pouvaient pas s'imaginer que nous les combattrions à Khartoum. La solution du problème du Darfour se trouve à Khartoum", ajoute-t-il.