Économie
09 mai 2008
|
Lors d'un discours sur le site de l'Agence spatiale canadienne (ASC) en banlieue de Montréal, le ministre Prentice a annoncé que le gouvernement avait prolongé de quatre ans un contrat avec l'entreprise de Vancouver, pour une valeur de 109 millions $.
En vertu de l'accord, MDA continuera à fournir des services de logistique, d'ingénierie et de technologie pour le système d'entretien mobile de la Station spatiale internationale.
Cette annonce est survenue quelques heures après que le ministre Prentice eut annoncé sa décision de bloquer la vente de la division spatiale de MDA, laquelle comprend le satellite Radarsat, jugeant que la proposition de transaction ne profiterait pas au Canada.
"Je confirme ma décision initiale selon laquelle je ne suis pas d'avis que l'acquisition de la division des systèmes d'information de MDA proposée par Alliant Techsystems serait vraisemblablement à l'avantage net du Canada", a déclaré le ministre dans un communiqué.
Jim Prentice avait déjà fait connaître le mois dernier son insatisfaction vis-à-vis de l'offre de rachat de 1,3 milliard $ déposée par Alliant Techsystems (ATK), un producteur de munitions, de mines et de fusées d'appoint à l'intention de l'armée des Etats-Unis. Alliant avait 30 jours pour porter la décision du ministre en appel et faire valoir son offre, mais cette période de grâce expirait jeudi.
Lors d'une conférence de presse à l'agence spatiale, le ministre Prentice a réitéré que la transaction, "telle que proposée, ne représentait pas d'avantage net pour le Canada et a été refusée pour cette raison".
Dans un communiqué émis depuis son siège social à Minneapolis, au Minnesota, Alliant a indiqué qu'elle encaisserait une charge de 6,6 millions $ avant impôts pour les dépenses liées à la transaction avortée. Cette charge sera inscrite aux comptes du quatrième trimestre de l'année fiscale 2008 de l'entreprise.
"Bien qu'ATK soit déçue par l'échec de l'acquisition, la compagnie continuera à appliquer sa stratégie disciplinée de déploiement de capital, laquelle comprend des acquisitions stratégiques, des remboursements de dette et des rachats d'actions", a indiqué dans un communiqué la société.
MDA est le fabricant du satellite Radarsat 2, qui permet notamment à Ottawa d'observer efficacement l'Arctique canadien et d'assurer sa souveraineté sur ces terres. La compagnie a aussi conçu et construit le Bras canadien et le robot Dextre pour la Station spatiale internationale.
L'offre d'achat d'ATK avait soulevé un tollé. La vente de MDA à un fabricant d'armes américain aurait porté, de l'avis de nombreux experts, un coup fatal à l'avenir de la recherche aérospatiale au Canada. On voyait d'un mauvais oeil qu'une technologie de pointe - subventionnée au fil des ans par les contribuables canadiens - puisse passer sous contrôle étranger.
Alliant et MDA faisaient valoir que la vente de la division spatiale lui aurait permis d'obtenir des contrats plus lucratifs, particulièrement aux Etats-Unis.
MDA prévoyait utiliser une partie des produits de la vente pour financer ses autres activités.
C'est la toute première fois qu'Ottawa rejette l'achat d'intérêts canadiens par une société étrangère depuis l'entrée en vigueur de la Loi sur Investissement Canada, il y a 19 ans.
"Les investissements étrangers jouent un rôle important dans l'économie canadienne", a estimé le ministre Prentice dans l'annonce de sa décision, avant d'ajouter que les investisseurs étrangers apportent au pays des capitaux, des connaissances, des compétences et des technologies qui peuvent accroître la productivité, l'efficacité et la compétitivité des entreprises du pays.
"Toutefois, lorsqu'une transaction d'envergure ne fait pas la preuve qu'elle serait à l'avantage net du Canada, elle ne peut être approuvée en vertu de la Loi sur Investissement Canada."