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01 avril 2008

National | Mardi 01 avr 2008 | 20:23

Ottawa mène une faible lutte contre le tourisme sexuel impliquant des enfants

LA PRESSE CANADIENNE

VANCOUVER - Le Canada serait l'un des pires pays au monde lorsque vient le temps d'appliquer sa propre loi sur le tourisme sexuel impliquant des enfants, selon un professeur de droit ayant analysé des données obtenues du ministère fédéral de la Justice.

Au moins 146 Canadiens ont été accusés d'agression sur des enfants à l'étranger entre 1993 et 1997, a découvert Benjamin Perrin, de l'Université de la Colombie-Britannique. Selon lui, ce nombre serait sans doute encore plus élevé si on pouvait compter les Canadiens qui ont payé pour éviter d'être accusés dans des pays où les enfants sont des proies faciles pour les pédophiles étrangers, comme la Thaïlande et le Cambodge.

"Jusqu'à maintenant, le Canada n'applique pas agressivement, ni même activement, sa propre loi contre le tourisme sexuel impliquant des enfants, et cela doit changer", a souligné M. Perrin mardi.

La loi canadienne sur le tourisme sexuel impliquant des enfants a été édictée en 1997 et cinq ans plus tard, elle a été modifiée pour que les pays étrangers où ont lieu les agressions n'aient plus à donner leur accord pour qu'il y ait poursuite.

Donald Bakker est le seul Canadien à avoir été condamné en vertu de cette loi après avoir plaidé coupable en 2005. Il a été condamné à dix ans de prison pour avoir perpétré dix agressions sexuelles sur des fillettes âgées de sept à 12 ans au Cambodge. L'enquête sur Bakker n'a toutefois commencé qu'après son arrestation à Vancouver pour des infractions sans lien avec le tourisme sexuel. Les policiers ont alors trouvé des vidéos le montrant agresser des enfants.

Selon le sergent Rick Greenwood, de la GRC, les policiers de partout à travers le monde sont dépassés par le nombre de cas d'agressions sexuelles sur des enfants de pays en développement comme le Costa Rica et l'Inde. "Nous devons mieux nous organiser au niveau international, a admis M. Greenwood. Nous essayons maintenant de penser à l'avenir et de mieux nous coordonner avec nos partenaires internationaux."

La branche américaine de l'EPCAT (End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes) a rapporté que le Canada fait partie des 44 pays ayant une loi permettant de poursuivre ses citoyens pour des crimes à caractère sexuel commis dans d'autres États.

Mais le Canada ne mène pas ses propres enquêtes sur les agressions sexuelles perpétrées à l'étranger. Les gouvernements des pays concernés doivent fournir au Canada les preuves nécessaires pour appuyer les accusations.

Le ministère de la Justice a refusé de commenter, malgré plusieurs demandes de La Presse Canadienne.