National
03 février 2008
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La Presse Canadienne a obtenu, grâce aux lois sur l'accès à l'information, les lettres qu'ont échangées le ministre Day et M. Chertoff à ce sujet, au cours d'une période allant de septembre 2006 à octobre 2007.
Les missives illustrent le fossé qui sépare Ottawa et Washington au sujet de l'inclusion de M. Arar dans la liste d'interdiction de vol.
M. Day a écrit à M. Chertoff en septembre 2006, après qu'une commission d'enquête présidée par le juge Dennis O'Connor eut conclu que M. Arar, un ingénieur d'Ottawa, n'avait pas de liens avec des terroristes.
M. Arar, un citoyen canadien, a passé près d'un an dans une prison syrienne, où il a été torturé, après avoir été arrêté au cours d'une escale à New York et détenu par les autorités américaines.
La commission O'Connor a conclu que M. Arar a été renvoyé dans son pays d'origine en bonne partie sur la foi d'informations erronées fournies aux Américains par la Gendarmerie royale du Canada. Le gouvernement conservateur lui a accordé une indemnisation de 10,5 millions $, mais les Américains refusent de retirer son nom de la liste de surveillance.
M. Chertoff a répondu à la lettre initiale de M. Day quatre mois plus tard, en lui disant que les Etats-Unis ne discutent pas de la présence, ou pas, du nom d'un individu sur la liste. Et il ajoutait qu'après révision des données des services de renseignement américains à son sujet, Washington ne retirerait pas le nom de M. Arar de la liste qui l'empêche d'entrer aux Etats-Unis.
MM. Day et Chertoff ont eu un entretien privé à Washington en janvier 2007 pour discuter de la question et revoir les données des services américains de renseignement sur M. Arar.
M. Day et d'autres responsables canadiens qui ont consulté le dossier n'y ont rien trouvé d'incriminant. Le premier ministre, Stephen Harper, a aussi soutenu que les Etats-Unis devraient permettre à M. Arar de franchir la frontière.
Mais M. Day a admis que les deux pays sont dans une impasse.
M. Day a écrit une deuxième lettre, quelques semaines plus tard, à M. Chertoff et à l'ex-attorney général Alberto Gonzales, les priant de revoir leur position. Puis il a répété sa demande dans une nouvelle lettre à M. Chertoff en octobre dernier, après que la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, eut admis que les autorités américaines n'avaient pas communiqué adéquatement avec le Canada dans le dossier Maher Arar.
Le département de Sécurité intérieure n'a pas donné suite aux questions qui lui ont été posées pour savoir si M. Chertoff a répondu à la dernière missive de M. Day.