Voyages
11 décembre 2006
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Sa longue et tumultueuse histoire remonte à l'aube de l'humanité et elle a constamment eu à prier pour que les envahisseurs de tous bords repartent un de ces jours. Et ce jour béni n'est arrivé que le 21 septembre de l'année 1964.
Le malheur de Malte, c'est qu'elle a été, depuis la nuit des temps, une petite auberge où les armées étrangères raffolaient se traîner les pieds avant de se rendre au sud ou au nord, à la recherche d'un quelconque affrontement.
De nos jours, Malte est envahie par un million et demi de visiteurs et le gouvernement de La Galette, familiarisé avec les parades de touristes allemands et anglais, apprécierait l'arrivée de régiments québécois et canadiens en ses murs.
Bonaparte, Nelson et même Hitler ont inscrit leur signature. Homère, ce poète épique grec, mentionne qu'Ulysse y a été séquestré par la déesse Calypso. Saint Paul, en l'an 60, se rendant à Rome pour y être jugé comme rebelle politique voit sa galère échouer dans une baie qui porte depuis son nom. Au lieu de se sauver, il en profite pour convertir le gouverneur Publius.
Bien que Malte soit connue pour ses infatigables bâtisseurs de forteresses, c'est le preux chevalier Jean Parisot-de-la-Valette qui laissera son nom à la capitale pour avoir été le premier à rabrouer l'armée du redoutable Soliman le Magnifique. Il est vrai que les chevaliers, qui devaient d'abord protéger les pèlerins en route pour Jérusalem, sont vite devenus des provocateurs aux yeux musulmans de la Terre sainte. En riposte, nos croisés, de Césarée à Rhodes en passant par la Syrie et le Liban, furent expulsés au son des cliquetis de l'épée et du sabre. Devant ce recul inquiétant pour l'Europe, Charles Quint d'Espagne offrit son rocher de Malte aux chevaliers afin de verrouiller la porte aux armées du sultan Soliman, qui a alors cessé d'être «Magnifique».
Si nous osions adresser un reproche aux autorités de Malte, ce serait de ne pas suffisamment exploiter l'idée de répandre le port de l'habillement d'époque, d'atténuer l'omniprésence du gris, un plus pour l'amateur de pellicule. Photographe ou pas, nul ne se plaindrait de ne plus voir, dans ce sanctuaire de l'histoire, les casquettes des Bulls de Chicago portées par les vendeurs d'objets d'art.
Photo 1 : Juste à côté de la Sicile, après une heure et demie en aéroglisseur, nous nous retrouvons dans un des plus minuscules pays qui soient, qui n'en possède pas moins l'histoire la plus chargée. Malte, l'île de tous les envahissements. Sa forteresse était supposément imprenable, mais fut prise par Napoléon.
Photo 2 : Les barques de pêche multicolores ont des yeux dessinés à la proue pour mieux voir les profondeurs des mers ou de la nuit. Ce type d'embarcation, qui aurait été introduit par les Phéniciens, est une des mille facettes de l'étonnante diversité culturelle de ce minuscule pays.