National
31 juillet 2008
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Le recul, bien que faible, n'était pas attendu et fait suite à une progression de 0,4 pour cent en avril. Les économistes tablaient plutôt sur une hausse de 0,2 pour cent au mois de mai.
Il s'agit du quatrième recul mensuel en six mois, ce qui accorde à la production économique canadienne une mince croissance de 0,6 pour cent pour les 12 derniers mois, une progression bien inférieure à la moyenne de trois pour cent de la dernière décennie, a noté l'économiste Douglas Porter, de BMO Marchés de capitaux.
"C'est un peu une surprise", a commenté M. Porter.
"Ces données sont une déception évidente, particulièrement parce que toutes les indications préliminaires pour ce mois laissaient entrevoir une croissance modeste. Le recul du secteur minier semble temporaire, mais la plupart des faiblesses des autres secteurs met en évidence le fait que l'économie canadienne nage à contre-courant."
L'activité d'extraction minière et d'extraction de pétrole et de gaz naturel a glissé de 1,2 pour cent. Dans ce secteur, l'extraction de charbon a notamment cédé 2,8 pour cent.
La production du secteur énergétique a reculé de 0,9 pour cent en mai. L'extraction de gaz naturel a fléchi, tandis que celle de pétrole brut a connu une croissance modérée.
Statistique Canada a attribué la faiblesse de la production de pétrole et de gaz naturel depuis la mi-2007 aux importantes réserves de gaz naturel - ce qui a réduit la production - et aux difficultés de production qui ont touché l'extraction de pétrole à plusieurs reprises.
La plupart des composantes touchant la production de biens ont retraité en mai, à l'exception d'une légère hausse de 0,1 pour cent dans la fabrication. Le secteur des véhicules automobiles a poursuivi sa pente descendante, chutant de 3,6 pour cent.
Le secteur de la construction a affiché un déclin de 0,4 pour cent, celui des services publics 1,3 pour cent et celui de l'agriculture, 0,9 pour cent.
Le secteur des services est resté essentiellement stable, une légère hausse de 0,1 pour cent du commerce de détail ayant été renversée par une baisse de 0,3 pour cent du commerce de gros.
Malgré la performance à la baisse affichée pour le mois de mai, M. Porter croit que le PIB du deuxième trimestre devrait toujours être conforme aux prévisions de la Banque du Canada, qui s'attend à un croissance de 0,8 pour cent pour cette période.
L'économiste de la Banque Scotia Derek Holt souligne pour sa part que les faibles résultats soulèvent la possibilité que la Banque du Canada soit forcée de réduire son taux d'intérêt directeur malgré la menace de l'inflation.
"Bien que les résultats soient surprenants en regard des données publiées plus tôt en juillet, ils appuient notre opinion voulant que l'activité économique au Canada s'annonce très stagnante pendant la seconde moitié de l'année", a indiqué M. Holt.
"Même si nous nous croyons toujours que la Banque du Canada attende jusqu'au premier trimestre de 2009 pour réduire les taux, ces données soulèvent la possibilité que cette décision surviennent plus rapidement que nous le prévoyons."