International
24 juillet 2008
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Au coeur de son discours prononcé dans la lumière du couchant au pied de la Colonne de la Victoire, un appel à renforcer la coopération transatlantique et à abattre les murs entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres, "les races et les tribus, les autochtones et les immigrants, les chrétiens, les musulmans et les juifs".
"Les murs entre les vieux alliés de part et d'autre de l'Atlantique ne peuvent pas rester debout", a lancé le sénateur noir de l'Illinois, souhaitant une collaboration entre Américains et Européens pour convaincre l'Iran d'"abandonner ses ambitions nucléaires" et pour afficher une nouvelle "résolution" à vaincre les talibans en Afghanistan, jugeant l'enjeu "trop important" dans ce pays pour renoncer maintenant.
Le moment est venu que le monde "soutienne les millions d'Irakiens qui cherchent à reconstruire leur vie", "même si nous transmettons la responsabilité au gouvernement irakien" pour parvenir à "mettre fin à cette guerre", a également déclaré Barack Obama dont les propos ont été ponctués par des applaudissements.
"Si nous avons pu créer l'OTAN pour mettre l'Union soviétique à plat ventre, nous pouvons nous rassembler dans un nouveau partenariat mondial pour démanteler les réseaux qui ont frappé à Madrid et Amman, à Londres et Bali, à Washington et New York", a-t-il ajouté à l'adresse à la foule, où plusieurs agitaient des drapeaux américains et brandissaient des pancartes en faveur de son élection aux dépens du républicain John McCain.
Dans son discours d'environ une demi-heure, le "citoyen" Obama a évoqué la chute du Mur de Berlin en 1989, le pont aérien dont a bénéficié la ville il y a 60 ans et la Guerre froide qui l'a divisée pendant des décennies. Quand le mur "qui divisait l'Est et l'Ouest" est tombé, d'autres sont tombés "à travers le monde", a-t-il dit. "De Kyiv au Cap, (...) les portes de la démocratie se sont ouvertes".
D'après Bernard Schodrowski, porte-parole de la police, le discours a attiré plus de 200.000 personnes aux abords de la Colonne de la Victoire. Aucun incident n'a été signalé. A l'issue de son intervention, Barack Obama a pris un bain de foule et serré les mains de personnes présentes à l'occasion de la première étape européenne de sa tournée qui l'a déjà conduit en Afghanistan, en Irak, en Jordanie et Israël.
Ce rendez-vous au pied de la Colonne de la Victoire avait une forte valeur symbolique dans la mesure où les présidents John F. Kennedy, Ronald Reagan et Bill Clinton ont tous trois prononcé des mots marquants dans cette ville. Mais le candidat démocrate à la présidentielle américaine a cherché à limiter les comparaisons, soulignant en ouverture de discours qu'il s'exprimait en tant que simple "citoyen" des Etats-Unis.
Auparavant, il s'était rendu à la chancellerie pour un entretien privé de près d'une heure avec Angela Merkel. D'après le porte-parole de la dirigeante allemande, cette dernière a eu des discussions "très ouvertes" avec Barack Obama. Tous deux ont évoqué des dossiers de politique étrangère comme l'Iran, l'Afghanistan, et le processus de paix au Proche-Orient. L'entrevue a également porté sur le partenariat économique transatlantique, le climat et l'énergie, l'état de l'économie mondiale et la coopération internationale pour "régler d'importantes questions", a précisé Ulrich Wilhem.
L'équipe de campagne du prétendant à la Maison Blanche a de son côté souligné que le candidat avait salué "le rôle de premier plan" d'Angela Merkel dans la "promotion des efforts internationaux sur le changement climatique" et affiché "son propre engagement" d'aboutir à une "réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis d'ici à 2050".
Lors d'un autre entretien avec le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, Barack Obama a estimé que les Etats-Unis devaient demeurer impliqués dans les discussions destinées à obtenir l'arrêt du programme nucléaire iranien et conjuguer diplomatie et sanctions multilatérales.
Le voyage de Barack Obama en Europe se poursuivra vendredi à Paris par un entretien avec le président Nicolas Sarkozy avant l'ultime étape londonienne, qui le verra rencontrer samedi l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, son successeur Gordon Brown, et le chef de l'opposition conservatrice David Cameron.