International
17 juillet 2008
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Luis Moreno-Ocampo a précisé que son enquête visera des violences commises envers les soldats au Darfour, dont une attaque contre la base de Haskanita le 29 septembre dernier qui avait tué 10 soldats de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine. Un autre est depuis porté disparu.
"Je concentre mes efforts dans cette troisième affaire sur l'attaque des rebelles contre Haskanita", a-t-il déclaré. "Nous avons des informations sur les noms de deux commandants qui sont accusés d'en être responsables".
Avant cette affaire concernant des rebelles qui se battent contre le gouvernement central de Khartoum, le procureur a obtenu l'inculpation, dans une première affaire, du ministre soudanais Ahmed Muhammed Harun et d'un commandant de la milice arabe des Janjawid, Aki Kushayb, accusés de crimes contre l'Humanité contre les populations du Darfour. Des mandats d'arrêt internationaux ont été émis à leur encontre.
Ensuite, il a accusé lundi le président soudanais Omar el-Béchir de crimes de guerre, crimes contre l'Humanité et génocide au Darfour, demandant aux juges de la CPI de délivrer un mandat d'arrêt à son encontre.
M. Moreno-Ocampo, qui se trouvait au siège des Nations unies à New York pour célébrer les dix ans de la signature du traité créant la CPI, a souligné qu'il s'intéresserait, dans le cadre de cette troisième affaire, également aux meurtres récents de plusieurs soldats de la mission conjointe de l'Union africaine et de l'ONU actuellement déployée au Darfour.
Mercredi, un officier nigérian de l'UNAMID a été tué par balle lors d'une patrouille dans la province de l'ouest du Soudan. Son décès intervenait une semaine après la mort de sept autres soldats de la force, tués lors d'une embuscade tendue par des hommes armés à dos de cheval ou en 4x4.
L'ambassadeur soudanais auprès de l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamed, a déclaré jeudi que Khartoum estime que le Conseil de sécurité doit suspendre les travaux du procureur de la CPI sur le Darfour pour un an, sans quoi ils ouvriraient "une porte de feu" sur le processus de paix au Soudan.
Mercredi, le Parlement soudanais avait condamné la demande de mandat d'arrêt contre M. El-Béchir, estimant qu'elle pourrait servir de justification aux rebelles pour abandonner les pourparlers de paix, une position reprise par l'Afrique du Sud et la Chine, grand partenaire économique du Soudan.