International
13 juillet 2008
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Les marchandises supplémentaires font cependant peu de différence pour les 1,4 million de Gazaouis, qui sont quasiment coupés du monde depuis que le Hamas a pris le contrôle du territoire il y a un peu plus d'un an. La population doit se contenter d'une ration de 20 litres de carburant par chauffeur, subit de fréquentes coupures de courant et est frappée par une flambée des prix des denrées alimentaires.
Le cessez-le-feu lui-même est fragile et les deux parties ne parviennent pas à débloquer la situation. Malgré tout, les Gazaouis s'accrochent à l'espoir que cette trêve tiendra, quand tant d'autres ont été rompues.
"Nous avons besoin de respirer", explique Chaouki Abou Chanab. Ce chauffeur de camion de 40 ans se voit contraint de couper son diesel avec de l'huile moteur et alimentaire et n'a aucune chance de se procurer des pièces de rechange pour remplacer ses pneus usés ou ses lumières cassées.
L'accord négocié avec la médiation de l'Egypte impose au Hamas de faire cesser les tirs de roquette de militants vers le territoire israélien et à l'Etat hébreu d'augmenter la taille des livraisons, qui n'incluaient que les médicaments et les denrées de base depuis la prise du pouvoir par la force du mouvement islamiste en juin 2007.
Une fois la situation stabilisée, les deux parties doivent négocier la libération du caporal israélien Gilad Shalit, enlevé il y a deux ans par des militants proches du Hamas, contre celle de prisonniers palestiniens. Mais mardi encore, le gouvernement israélien et les dirigeants du Hamas se sont accusés mutuellement d'empêcher toute évolution.
Israël note que le Hamas n'a pas arrêté tous les militants responsables des attaques et l'armée a compté 15 tirs de roquettes et de mortier depuis le début de la trêve le 19 juin dernier. Selon le porte-parole de l'armée israélienne Peter Lerner, cette incapacité du Mouvement de la résistance islamique à faire régner l'ordre empêche d'ouvrir davantage les points de passage sur la frontière de Gaza.
De son côté, le Hamas accuse Israël d'avoir fermé les passages sept jours sur 17. "Le calme n'est pas fragile. C'est l'engagement israélien pour le calme qui est fragile", estime Saïd Siyam, un haut responsable du Hamas qui s'est rendu cette semaine en Egypte pour poursuivre les discussions.
De fait, on relève peu de changement sur le terrain. Cette semaine, une explosion dans un camp d'entraînement militaire à Gaza, estampillée "accident de travail" par le Hamas, fait craindre à Israël que le Mouvement de la résistance islamique ne tente de profiter de la trêve pour se réorganiser militairement. Jeudi, un jeune Palestinien pris pour un militant a été tué à la lisière entre la Bande de Gaza et Israël par des soldats, alors que l'armée poursuivait une large opération visant le Hamas en Cisjordanie.
En attendant, les nouvelles livraisons sont considérées comme une goutte dans l'océan. Selon Faysal Chaoua, qui dirige l'Association des entrepreneurs de Gaza, 4.000 entreprises ont déjà dû mettre la clé sous la porte en raison du bouclage du territoire par Israël depuis un an, ce qui a éliminé environ 100.000 emplois.
Au passage de Soufa, la livraison de lundi s'était déroulée sans encombre: fruits, produits laitiers, viande congelée, ainsi que les 200 tonnes de ciment et les 100 vaches accordées par Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu. Mais mardi, des tirs de roquette ont poussé Israël à fermer le passage, qui a cependant été rouvert mercredi.
Selon Chaouki Abou Chanab, le camionneur qui gagne 30 dollars (19 euros) par jour à Soufa, les militants doivent commencer à penser aux Gazaouis ordinaires. "Nous leur demandons de prendre en considération que nous vivons dans une très mauvaise situation", déclare ce père de huit enfants. "Si ils tirent une roquette, cela veut dire qu'on recule".