www.corusnouvelles.com
Corus Nouvelles

International
01 juillet 2008

International | Mardi 01 jui 2008 | 08:42

Fillon et Barroso s'entendent sur «l'Europe des résultats»

Par Laurent Pirot, ASSOCIATED PRESS

PARIS - Au premier jour de la présidence française de l'Union, François Fillon et José Manuel Barroso se sont entendus mardi pour promouvoir ensemble une «Europe des résultats» susceptible de convaincre les citoyens.

Devant l'ensemble des 27 commissaires européens réunis dans les jardins de Matignon, François Fillon a voulu placer les six mois de la présidence française sous le signe de "l'humilité" et de "la gravité".


"Nous mesurons notre responsabilité qui est de rassembler et d'entraîner 27 Etats-membres", a d'abord lancé le Premier ministre français, qui a donc promis, dans une brève allocution, d'agir avec "humilité" en ce sens. Le chef du gouvernement français a aussi souligné la "gravité" de la situation mondiale, marquée par la crise économique, le "dérèglement climatique" ou encore "le défi des migrations".


Concernant le processus de ratification du "mini-traité" de Lisbonne, François Fillon a reconnu qu'il était "retardé". "Le processus de ratification se poursuit", a-t-il cependant affirmé, même s'il a reconnu qu'il "serait dangereux de mépriser le 'non' irlandais".


Le Premier ministre français, tout comme José Manuel Barroso qui s'est exprimé après lui, n'a pas fait allusion à l'annonce de l'intention du président polonais Lech Kaczynski de ne pas poursuivre le processus de ratification engagé dans son pays.


Les questions institutionnelles seront au programme du Conseil européen du mois d'octobre, ont rappelé les deux dirigeants, qui n'ont évoqué que l'Irlande.


"Dans une Europe à l'épreuve, nous devons faire la preuve de l'Europe", a enchaîné le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. A l'image des dirigeants français, il a défendu "l'Europe des résultats, l'Europe proche des citoyens (...) qui démontre sa valeur ajoutée aux citoyens par des résultats concrets". "La France et la Commission partagent une vision commune", a-t-il dit.


Plus largement, le dirigeant portugais, qui s'exprimait en français, s'est réjoui que "depuis un an, la France (ait) fait le choix, au plus haut niveau, de reprendre toute sa place en Europe". "Ce retour au premier rang de l'ambition et des idées en Europe" "était attendu et nécessaire", a-t-il salué.


"Vous pouvez compter sur le plein soutien de la Commission" pour les "188" jours de la présidence tournante, a promis M. Barroso à François Fillon, qui a déroulé les priorités de la présidence française -lutte contre le réchauffement climatique, pacte sur l'immigration, bilan de la politique agricole et politique de défense. "La France a de nombreux atouts pour réussir une grande présidence", a assuré le président de la Commission.


Après un déjeuner de travail à Matignon, les ministres français et les commissaires européens devaient poursuivre par une réunion de travail. En fin d'après-midi, la Commission toujours au grand complet devait être ensuite reçue par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Et, au fronton des deux palais flotte depuis mardi matin un drapeau européen.